pour en finir avec les prisons, suite
Voici le tract d'appel au rassemblement du jeudi 7 devant la santé (jour de
la journée d'action des matons)
Question de vie ou de mort
Rassemblement devant la Santé, jeudi 7 juin à 11 heures, métro Glacière.
Le dimanche 27 mai à 15h10, un hélicoptère a survolé les cours de promenade
de la Maison d¹Arrêt de Fresnes et a tenté de faire évader deux détenus
condamnés à de très longues peines. Le surveillant en poste à l¹un des
miradors a jugé opportun d¹ouvrir le feu sur cet hélicoptère, alors que cela
est non seulement contraire aux consignes mais parfaitement interdit. La
société Hélifrance a d¹ailleurs porté plainte pour protester contre ce geste
qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques autant pour le pilote qui a
failli être touché par l¹une des balles que pour les détenus alors en cour
de promenade qui ont failli voir l¹appareil se transformer en bombe volante.
La prise d¹otages qui a suivi n¹a, elle, mis aucune vie en périlŠ Empêcher
deux détenus de s¹évader vaut-il la vie de plusieurs dizaines de personnes ?
Pour le surveillant Nicolas Tassin, il semblerait que oui. Pour
l¹Administration pénitentiaire, le fait que leurs membres aient un permis de
tuer laissé à leur libre appréciation ne pose pas de problèmes non plus : le
surveillant " héroïque " a été promu au grade de Premier surveillant.
La réaction crescendo des différents syndicats pénitentiaires cache mal
leur énervement devant les " promesses " d¹amélioration des conditions de
détention. Voilà deux ans qu¹ils cherchent à recréer un rapport de forces en
leur faveur, tentant de faire croire à l¹opinion publique que les très
maigres changements à l¹intérieur des prisons, que les projets pourtant
encore très flous d¹une future loi pénitentiaire donneraient les pleins
pouvoirs aux détenus ! Pour eux, comme toujours, la seule administration
possible des prisons est le tout répressif masqué sous les termes du tout
sécuritaire. Quelle meilleur argument que de se poser en victime perpétuelle
d¹une gestion trop " laxiste " de la population carcérale qu¹il représente
comme un ramassis de fauves dangereux ? Quelle meilleure tactique que de
faire monter la pression dans les prisons en bloquant les entrées et les
sorties, les parloirs, les intervenants extérieurs donc les activités, les
extractions, les permissions, en pratiquant des fouilles aussi générales
qu¹humiliantes qui rappellent d¹autres époques et qui redonnent à l¹univers
carcéral son caractère totalitaire et sa vocation d¹espace secret, invisible
pour le reste de la société. Presque personne ne sait, par exemple que des
mouvements de protestation ont eu lieu à Fleury-Mérogis dans la nuit du 28
au 29 mai, faisant plusieurs blessésŠ L¹Administration Pénitentiaire a le
monopole de l¹action répressive en toute impunité, de la parole, de
l¹information. Il leur est du coup bien facile de jouer la carte de
l¹apitoiement sur leur ³pauvre sort² en se comparant à des sous-détenus,
victimes d¹une profession qu¹ils ont pourtant choisie! Qu¹en est-il des
suicides de détenus laissés sous silence, qu¹en est-il des familles de
détenus qu¹on sépare de leur proche, qu¹on censure, qu¹en est-il de ces
hommes et femmes que l¹on met à l¹écart du monde en arguant de leur "
dangerosité " ?
Comme par hasard, à l¹opposé des rapports " progressistes " des
commissions parlementaires, des conclusions du Comité de Prévention de la
Torture européen (CPT), ressurgit l¹idée des Centrales à haute sécurité
(dignes héritières des Quartiers de haute sécurité soi-disant abolis en
1982) dans lesquelles nos dirigeants (hommes politiques, juges, policiers,
Administration Pénitentiaire, criminologues de tous genresŠ) aimeraient voir
enfermer pour toujours ceux qu¹ils considèrent comme " dangereux " : des
malades qui n¹ont rien à espérer en prison, espace pathogène et mortifère
par excellence, des rebelles au système, refusant les règles d¹un " jeu "
économique qui fait que quelques riches vivent sur le dos d¹e millions de
pauvres, tous ceux qui, dedans comme dehors, refusent de baisser la tête
devant une société fondamentalement inégalitaire, tous ceux qui auront tenté
de s¹évader, tous ceux qui auront participé à des mouvements de résistance.
Tous ceux-là risquent fort, si l¹on n¹y prend pas garde, de se voir
rapidement parqués dans ces nouveaux camps de la mort.
- Arrêt des condamnations systématiques à des longues peines
- Abolition des quartiers d¹isolement
- Abolition du mitard
- Application immédiate des aménagements de peine (conditionnelles, -
permissionsŠ)
Collectif Pour en finir avec les prisons,
C/O CICP, 21 ter rue Voltaire, 75 011 Paris
Collectifprison@...
N¹oubliez pas les émissions de radio hebdomadaires pour les détenus et leurs
proches : Ras les murs, 89,4 tous les mercredis de 20h30 Ã 22h30 et
l¹Envolée, 106,3 tous les vendredis de 19h à 20h30.
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